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être enceinte à 20 ans,30 ans,40 ans : quelles différences ?

 

 

 

Etre enceinte à 20, 30 ou 40 ans : quelles différences ? 

 

Par Fanny Perrin d’Arloz, sage-femme,  avec la collaboration de Jean-Pierre Franquebalme, gynécologue obstétricien à la clinique Bouchard à Marseille.

 

Vouloir un enfant est un plaisir partagé par des millions de femmes entre 20 et 40 ans, voire plus. Plus que l’âge, ce qui compte réellement, c’est de vivre une grossesse épanouie et sereine… C’est-à-dire, murement réfléchie et sous haute surveillance.

 

Il y a celles qui, à la sortie de l’adolescente, se voient déjà mère. Et puis il y a celles qui ne se sentent pas prêtes du tout ou qui, trop investies par leur carrière, n’entendent pas les appels du pied de leur horloge biologique. Chaque femme mène sa vie comme elle l’entend et c’est bien normal. Néanmoins, pour toutes, la grossesse est un épisode qui reste généralement gravé d’une pierre blanche dans leur mémoire, tant il réserve son grand lot de surprises… Certaines, comme la mise au monde de son enfant et le premier regard échangé, sont des instants magiques. Mais parfois, le long fleuve tranquille qui précède le jour J ressemblerait plutôt à une mer agitée. Et la future maman doit faire face à quelques complications qu’elle n’avait pas anticipées au départ et qui peuvent venir entacher son bonheur d’être enceinte. De ce côté ci non plus, les femmes ne sont pas toutes sur un pied d’égalité. Même si les risques sont plus élevés après 35 ans, cela ne veut pas dire pour autant que les grossesses tardives soient forcément plus difficiles. Inversement, le seul fait d’avoir 20 ans n’augure pas forcément une grossesse sans nuage. Le tout est de bien se préparer mentalement et physiquement à ces 9 mois, toujours imprévisibles, et à l’arrivée prochaine de son tout-petit.  

 

1.     Existe-t-il  un âge idéal pour concevoir bébé ?

OUI L’âge dit physiologique se situe entre 20 et 30 ans ; l’utérus et les tissus généraux (ligaments, ossatures…) étant bien disposés à accueillir un fœtus. Après 35 ans, l’utérus ayant tendance à devenir plus fibromateux, les placenta praevia et les hématomes rétroplacentaires sont plus fréquents. On sait aussi que le taux de fécondité diminue fortement après 37 ans. Ne pas attendre le dernier moment pour mettre en route bébé, c’est avoir du temps devant soi pour se retourner au besoin vers la procréation médicalement assistée (PMA) dans de meilleures conditions.

 

2.     L’âge est-il le seul critère ?

NON L’âge n’est, fort heureusement, pas le seul élément qui entre en ligne en compte. On a l’habitude de dire que les femmes (et même les hommes) sont le reflet de leurs artères. Aussi, l’hygiène de vie de la future maman a plus que jamais son importance.

 

3.     Faut-il consulter son gynécologue avant de mettre bébé en route ?

OUI Pour optimiser ses chances, prendre rendez-vous chez son gynécologue pour une visite préconception est préconisée. A cette occasion, outre des conseils, il prescrit un bilan sanguin pour connaître notamment les différentes sérologies (toxoplasmose, rubéole..) de sa patiente, un frottis gynécologique et le plus souvent de l’acide folique à prendre avant et durant le premier trimestre de sa grossesse. 

 

4.     Les risques de complications sont-ils plus élevés lors de grossesses dites tardives?

OUI La nature est ainsi faite. Avec l’âge, les risques de complications augmentent. Le premier écueil de ces grossesses tardives reste le taux élevé de fausses couches spontanées, de l’ordre de 25% entre 38 et 40 ans, de près de 40 % à partir de 42 ans, contre 16% entre 30 et 35 ans. Après 35 ans, le taux d’accouchement prématuré est également plus important, entre 5 et 10%. Le risque d’hypertension artérielle de la grossesse est quant à lui multiplié par 5 après 35 ans, par 10 à 40 ans, par 20 après 40 ans.

 

5.     Les risques que le fœtus soit porteur d’anomalies chromosomiques augmentent-ils avec l’âge ?   

OUI Les anomalies chromosomiques, telles que la trisomie 21  à supprimer, sont plus fréquentes lorsque la future maman est âgée de plus de 37 ans. A 20 ans, le risque de trisomie 21 est d’une grossesse sur 1450, à 40 ans, une grossesse sur 109. La première échographie couplée à la mesure de la clarté nucale du fœtus et aux dosages des marqueurs sériques combinés permet de dépister 90% des anomalies chromosomiques chez le fœtus. Lorsque l’estimation du risque est supérieure à la valeur seuil, risque à 1  /250 , il est proposé à la femme un prélèvement ovulaire (biopsie de trophoblaste ou amniocentèse ).

 

6.     Enceinte, sommes-nous toute égales face au diabète gestationnel ?

NON Le risque de diabète gestationnel est légèrement plus élevé chez la femme âgée. Il est, à ce titre, plus fréquemment recherché après 35 ans. Mais il est principalement fonction des conditions initiales de la maternité, de l’Indice de masse corporelle (IMC), du taux de glycémie à jeun et des antécédents familiaux.

 

7.     Les bons réflexes à adopter avant et durant sa grossesse sont-ils identiques à 20 ou à 40 ans ?

OUI Vouloir un enfant, c’est se responsabiliser sur son hygiène de vie. La future mère doit veiller à ne pas être en surpoids, à pratiquer une activité physique régulière et à adopter une alimentation équilibrée. Parfois, l’inconscience de la jeunesse peut conduire les jeunes filles proches de la vingtaine à suivre une alimentation trop riche en sucre et en graisse. 

 

8.     Les menaces d’accouchement prématurées sont-elles importantes chez l’adolescente enceinte ? 

OUI Chez l’adolescente de 16/17 ans, il est encore plus à craindre un accouchement prématuré tant ses ligaments et son ossature ne sont pas suffisamment matures pour accueillir le fœtus. Le col de l’utérus peut s’ouvrir trop tôt et les contractions peuvent être plus avancées.

 

9.     L’hypertension de la grossesse peut-elle être à l’origine d’effets indésirables sur le fœtus ?

OUI Se traduisant par une diminution de la vascularisation et par un mauvais apport nutritionnel du fœtus, elle peut avoir pour effet de retarder la croissance intra-utérine voire, dans de rares cas, conduire la future maman dans un état de pré-éclampsie, une hypertension artérielle qui survient au deuxième trimestre et qui peut venir perturber le bon déroulement de la grossesse.  

 

1   Après 35 ans, faut-il s’arrêter de travailler avant la date officielle de son congé maternité ?

NON Ce n’est pas systématique. Tout dépend de la fatigue ressentie et des conditions de vie. Qu’elle soit âgée de 20, 30 ou 40 ans, la future maman est arrêtée précocement si son activité professionnelle est une entrave au bon déroulement de sa grossesse.

 

1   Après 35 ans, prend-on plus de poids durant la grossesse ?

NON Ce n’est pas véritablement une question d’âge mais plutôt de morphologie et de conditions de vie. Durant neuf mois, la future mère doit surveiller de près son poids sur la balance et pratiquer une activité physique régulière. 

 

      Doit-on prendre plus précautions lors d’une grossesse tardive ?

OUI L’hygiène de vie est encore plus capitale lors d’une grossesse sur le tard. La future maman doit avant tout s’écouter et entendre les moindres signes d’alerte. Pour vivre sereinement sa grossesse, elle doit savoir prendre du temps pour elle, s’entourer de ses proches et du corps médical pour se rassurer à tout moment.

 

     La surveillance de la grossesse a-t-elle lieu tous les mois, même en l’absence de complication ?

OUI Cette visite mensuelle est le moyen de s’assurer que la grossesse se déroule sans encombre. A cette occasion, plusieurs mesures sont prises : la pression artérielle, la hauteur utérine, la longueur du col utérin… A cela s’ajoute une échographie par trimestre pour déceler d’éventuelles anomalies.

 

      Y-a-t-il des signes qui doivent nous alerter ?

OUI En cas de saignement, la maman doit impérativement consulter en se rendant chez son gynécologue habituel ou aux urgences de la maternité pour écarter un décollement placentaire ou une toute autre pathologie. Pareil, si elle ressent une fatigue intense et/ou de forts maux de ventre, recueillir un avis médical est ultra recommandé.

 

     En cas de complications la future maman doit-elle être alitée ?

NON Tout dépend de l’importance des symptômes. Si le risque qu’elle accouche prématurément est très élevé par exemple, le repos reste  effectivement l’un des meilleurs remèdes.  

 

    La femme enceinte est-elle hospitalisée dès que survient une complication ?

NON La décision d’hospitaliser la femme enceinte est prise par le personnel soignant selon l’évolution de la pathologie rencontrée et/ou si elle nécessite un traitement médical qui ne peut lui être administré depuis don domicile.

 

     En cas de complications, faut-il céder à la panique ?  

NON Autant que faire se peut, la future maman doit re-la-ti-vi-ser. L’équipe médicale est là pour veiller à son bien-être et à celui de son futur bébé. Les accidents graves se font, fort heureusement, de moins en moins nombreux grâce à une surveillance accrue. La pré-éclampsie n’évolue qu’exceptionellement, si elle est décelée rapidement, vers l’éclampsie qui se manifeste par l’apparition de convulsions chez la future maman.

 

    Une grossesse à complication présage t-elle des grossesses ultérieures identiques ?

OUI Les femmes qui ont connu des complications durant leur première grossesse ont un risque plus élevé que les autres de rencontrer pareils symptômes lors de grossesses futures. D’où la nécessité d’être bien suivi avant, pendant et après la naissance de bébé. Celles qui ont été sujettes à l’hypertension par exemple reçoivent, au besoin, un traitement en prévention. Idem, les femmes qui ont accouché prématurément lors d’une grossesse précédente sont, dans la majorité des cas, plus précocement mises au repos.

 

   Après une grossesse compliquée, doit-on attendre pour mettre au monde un(e) petit(e) frère/sœur ?

OUI Il est préférable de laisser à son corps et sa tête le temps de se reposer On recommande d’attendre entre 1 à 2 ans. D’une manière générale, les grossesses rapprochées sont un facteur de risque ; la maman n’ayant pas pu récupérer suffisamment.

 

     A sa sortie de la maternité, faut-il rester alité ?

NON sauf indications contraires du personnel soignant. Néanmoins, dans les jours qui suivent son accouchement, la jeune maman doit essayer de se reposer (autant que possible) encore plus si elle est âgée, en adoptant le même rythme que son tout-petit et/ou en déléguant au papa ou à ses proches. Elle peut également profiter de ses séances de rééducation du périnée - le passage obligé quelque soit l’âge de la maman 6 semaines après l’accouchement - pour ne penser qu’à elle… Ce qui n’est généralement pas de trop !

 

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